Comment l’Iran a scié la branche sur laquelle il était assis

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Par Valentin Vasilescu

En raison des sanctions économiques, durant ces dernières décennies, l’Iran n’a pas pu bénéficier du transfert de technologies civiles et militaires modernes.  La défense de l’Iran est basée sur environ 200 avions de type F-5 Tiger II (et leurs copies locales Saeqeh), F-14 Tomcat, F-4 D Phantom, MiG-29A, F-7 (MiG-21 chinois) et Mirage F1. Ces avions sont équipés d’armes de l’ère soviétique, copiées et vendues par les Chinois.  La probabilité que l’Iran repousse une offensive aérienne, menée avec l’aviation moderne, est presque nulle.

Une excellente fenêtre d’opportunité pour l’Iran s’était ouverte après la levée des sanctions internationales, à la suite de l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances, le 14 juillet 2015. Mais les dirigeants iraniens n’ont pas compris quelle direction était meilleure pour eux et ont révélé leur extrême naïveté, faisant de nombreuses concessions aux pays de l’Union Européenne en croyant qu’ils pourraient obtenir la licence des avions Typhoon ou Rafale sur le marché de l’UE.

Enfin, la Russie était le seul partenaire disposé à négocier une coopération militaire. L’Iran avait demandé le transfert technologique nécessaire à la fabrication en Iran des avions Sukhoi Su-30 SM. En outre, l’Iran avait également demandé 18 nouveaux avions Su-35 et 8 Su-30SM, mais les Etats-Unis avaient averti la Russie qu’ils bloqueraient au Conseil de sécurité de l’ONU tout achat de Su-30 et Su-35 par l’Iran. La Russie a donc préféré offrir à l’Iran 36 Su-27 avions mis à niveau vers la version SM3 et le nouvel avion MiG-35, entièrement armés, d’un coût s’élevant à 8 milliards de dollars. Dans un deuxième temps, la Russie allait livrer 12 avions – école de type Yak-130, qui faciliterait le passage des pilotes sur les avions Multiroles de génération 4++. Durant cette 2ème phase, il y aurait également livraison de batteries de missiles antinavires K-300P Bastion-P, de sous-marins et de frégates, capables de lancer des missiles de croisière KALIBR.

L’Iran n’était pas d’accord avec la version russe et n’a jamais rien acheté. Ce qui signifiait l’ignorance totale par l’Iran du potentiel du Su-27 SM3. La mise à niveau du Su-27 a entraîné le changement de 80 % de l’équipement électronique standard de l’avion (radar, capteurs de détection infrarouge, centrale de gestion des tirs, ligne de données avec radars au sol et les avions d’alerte distants, etc.).

Contrairement au moteur AL-31F du Su-27, le moteur AL-31F-1 du Su-27 SM3 fait passer la poussée de l’avion, de 12 800 à 13 500 kgf. C’est ce qui a permis la transformation d’un avion de chasse en un avion multirôle (Su-27 SM3), capable de prendre à bord 8 t d’armes. La gamme d’armes de Su-27 SM3 comprend des bombes et des missiles guidés KAB-500, Kh-29T/L et Kh-31P, des missiles de croisière supersoniques (Kh-25MP) et subsoniques Kh-59MK, Kh-101 etc. Le missile de croisière Kh-101 a une faible visibilité sur le radar, une portée maximale de 3000 km et un écart probable vers la cible de 5 m. Pour la protection du groupe des avions de chasse, le Su-27 SM3 a également le conteneur de brouillage SAP-518, supérieur aux équipements occidentaux.

Le président Donald Trump a fermé avec beaucoup d’habileté, la fenêtre d’opportunité pour l’Iran. Téhéran a récemment été la cible de provocations visant à justifier une riposte avec des missiles de croisière et l’aviation de la part des Américains et des sultanats satellites. Maintenant, la Russie n’a aucun intérêt à faire quoi que ce soit pour l’Iran, et même si elle le voulait, tout n’est pas possible, sans le risque de mettre en danger ses troupes stationnées en Syrie.

Valentin Vasilescu

Traduction Avic – Réseau International

Source www.https://reseauinternational.net

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