Europe : Anciens et nouvelles

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Faisons la connaissance des nouvelles têtes et faisons un petit rappel des anciennes.

Président de la Commission européenne

Jean-Claude Juncker : L’ancien

Nigel Farage lors d’une prise de parole :

« M. Juncker, vous êtes ici avec votre commission pour nous présenter votre nouveau plan de travail mais je vois que vous avez été occupé avec les consultants en relations publiques à dépenser quelques euros en essayant de transformer la Commission européenne en présentant ce slogan : un nouveau départ pour l’Europe ». Si ça n’existait pas, il faudrait l’inventer ! On nous refait le scénario tous les 5 ans. On devrait récupérer notre argent. J’ai remarqué sur le Berlaymont building la semaine dernière un grand panneau avec votre tête dessus et le reste de la Commission européenne avec ce slogan : « Un nouveau départ pour l’Europe sous la responsabilité de l’équipe Juncker ». Je ne sais pas si c’est nouveau, mais cette Commission a été composée de 5 anciens Premiers ministres, de 19 anciens ministres de divers gouvernements, de 7 anciens membres de la Commission. Alors, je ne sais pas si cela va être un nouveau départ prometteur pour l’Europe, mais cette Commission ressemble plus à un abattoir pour politiciens ratés. Et, à la tête de cette Commission, vous êtes là. Ne pensez pas, et que personne ne pense, que je remets en cause les compétences de M. Junker. Pas du tout. Vous êtes surement très compétent et très bon gestionnaire. En effet, il y a 240 multinationales qui sont toutes managées de façon à éviter de payer des millions d’euros d’impôts et qui ne paient que 1 à 2 % d’impôts au Luxembourg ; tout ceci pendant votre mandat au Luxembourg en tant que Premier ministre. Ceci atteste que vous êtes certainement un meilleur gestionnaire que la personne qui était à votre place auparavant. Alors s’il vous plait, ne nous parlez pas de nouveauté. Vous avez été Premier ministre du Luxembourg pendant 19 ans, vous avez dirigé l’Eurogroupe, vous n’avez donc rien de neuf. Vous, et cette Commission, vous êtes aussi rassis et moisis qu’une bouteille de vin bouchonné. »

[1]Quelques déclarations de Jean-Claude Juncker :

1— Lors de la crise grecque : « Dire que tout va changer parce qu’il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c’est prendre ses désirs pour des réalités. […] Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

2 — S’exprimant sur la politique monétaire de l’Union européenne :

« Je suis prêt à être insulté pour ne pas être suffisamment démocratique, mais je veux être sérieux… Je suis pour le secret, les débats sombres. » Nous voilà avertis.

Il expliqua qu’une telle stratégie permettait d’éviter de dangereuses manœuvres sur les marchés financiers ; qu’il avait souvent menti dans sa carrière afin d’empêcher la propagation de rumeurs qui risquaient d’alimenter la spéculation  !

Ursula von der Leyen : la nouvelle

[2]« Dans cette attente, il est important pour le public français de savoir que Mme von der Leyen est l’héritière d’une dynastie politique puisqu’elle est la fille d’Ernst Albrecht, qui fut vice-président fédéral de la CDU et ministre-président de Basse-Saxe pendant une quinzaine d’années (de 1976 à 1990).

Il est également essentiel de savoir qu’elle partage avec Christine Lagarde une véritable passion pour les États-Unis, où elle a d’ailleurs fait des études (à l’université Stanford) pendant 4 ans, après avoir été scolarisée à Bruxelles dans une école « européenne » bilingue.

À la fois par tradition familiale et par goût personnel, Ursula von der Leyen est donc une admiratrice sans réserve des États-Unis et une européiste acharnée.

Ce double positionnement l’a amenée à se déclarer publiquement pour la création des « États-Unis d’Europe », et à s’aligner complètement et totalement sur les positions de Washington en matière géopolitique et militaire.

Étant ministre allemande de la Défense, elle a obtenu une hausse de 35 % des dotations de l’Allemagne à l’OTAN, conformément aux exigences de Donald Trump, et elle a fait siens l’hostilité à la Russie, l’alignement sur Washington au Moyen-Orient, etc.

Elle a obtenu que ce soit un général allemand, le Général Jürgen Weigt, qui soit promu Commandant en chef de l’Eurocorps. Elle proclame sa « fierté » que l’Allemagne soit désormais le deuxième contributeur de troupes en importance au sein de l’OTAN (après les États-Unis) et que l’Allemagne dirige la force opérationnelle interarmées très rapide de l’OTAN.

Pour se convaincre de l’état d’esprit de la future présidente de la Commission européenne, il est utile de lire la « tribune » qu’elle a, bien opportunément, fait paraître dans le quotidien le plus prestigieux des États-Unis – le New York Times – le 18 janvier dernier. Cet article est titré « LE MONDE A TOUJOURS BESOIN DE L’OTAN ».

Ce texte ne souffre aucune ambiguïté sur la position de vassale de Washington qui est celle de Mme von der Leyen.

Tout comme pour Christine Lagarde à la BCE, cette américano-servilité affichée et concrétisée n’est sans doute pas tout à fait étrangère à sa promotion météorite à la présidence de la Commission européenne. »

Il faut dire que sa nomination en Allemagne a suscité une tempête de protestations, de la colère, de l’indignation. Il est carrément question de :

_ « partie de poker indigne de la démocratie. »

_ « défaite de la démocratie ».

_ « un exemple sans précédent de tricherie politique »

[3]« La tempête ne s’est pas fait attendre. Dès que le nom d’Ursula von der Leyen est dévoilé, les critiques se mettent à pleuvoir. « On ne peut pas présenter certains candidats aux élections et tout de suite après en tirer d’autres de son chapeau », résume un député du petit parti libéral. De tous les côtés, on dénonce cette « politique de l’arrière chambre », cette « partie de poker indigne de la démocratie » et ce coup porté à la « légitimité démocratique des institutions européennes » »

« Du côté de la CSU bavaroise, qui comptait sur son candidat Markus Weber, la colère est grande. Angela Merkel n’a-t-elle pas sacrifié Manfred Weber pour faire la paix avec Emmanuel Macron qui n’en voulait pas ? Le ministre président de la Bavière Markus Söder parle d’une « défaite de la démocratie ».

« C’est du côté des sociaux-démocrates que l’indignation est à son comble. Le partenaire de la CDU au sein de la grande coalition se sent trahi. C’est Sigmar Gabriel, ancien chef du SPD et ex-ministre des Affaires étrangères, qui a les mots les plus forts. Pour lui, la nomination de von der Leyen est « un exemple sans précédent de tricherie politique » et une raison suffisante pour mettre fin à la grande coalition. »

Présidente de la Banque centrale européenne (BCE)

Mario Monti : l’ancien

[4]« Voyons maintenant Monsieur Mario Monti, ancien consultant de Goldam Sachs, et commissaire européen. Sans aucune élection en novembre 2011, il a été nommé président du Conseil italien, lorsque l’oligarchie mafieuse qui dirige désormais le continent européen a pointé le pouce vers le bas – comme Néron dans les jeux du stade – en décidant la mort politique de Berlusconi alors président du Conseil italien qui avait réussi à survivre à tous les scandales de mœurs et de corruption. […]. Et donc une oligarchie a nommé Mario Monti sénateur à vie et ensuite président du Conseil italien, sans n’avoir jamais été présenté à une seule élection. Cette oligarchie a décidé que c’était lui qu’il fallait, car c’était lui, prétendument, l’expert. »

Christine Lagarde : la nouvelle

Quelques zones d’ombre dans son parcours :

[5][6] En 2008 et 2009, étant ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de Sarkozy, eut lieu un énorme pillage des caisses de l’État français par la fraude à la TVA sur le marché du carbone, évalué entre 2 et 5 milliards d’euros passés des mains de Bercy à celles de mafieux, sans que le ministère ne réagisse.

— Dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais, elle a été jugée coupable de « négligence » par la Cour de justice de la République (CJR), mais fut dispensée de peine ni la décision mentionnée dans son casier judiciaire. Il est clair que l’arbitrage fut une décision politique. Christine Lagarde venait tout juste nommée à Bercy. Elle était la seule habilitée à agir dans le contentieux. Il est plus que certain que les décisions furent prises au sommet de l’État avec l’accord de Sarkozy. Elle risquait jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende. Rappelons que cet arbitrage attribua 400 millions d’euros à l’homme d’affaires. L’avocat de la défense plaida la relaxe de sa cliente et les juges de la [7]CJR composée de six députés, six sénateurs et trois magistrats de la Cour de cassation adoptèrent la position suisse entre culpabilité et innocence.

Le gouvernement français soutient, de tout son poids, la candidature l’ex-ministre et lui maintient sa confiance pour exercer son mandat au FMI.

Conclusion

La mise en place de la nouvelle Commission européenne par l’ensemble des chefs d’états et chefs de gouvernement ressemble à un remplacement individuel et systématique qui se concrétise de la manière suivante :

_ Présidence de la Commission européenne : C’est « Pouri » qui remplace « Ripou » et la prochaine fois ; « Ripou » qui remplacera « Pouri ».

_ Présidence de la banque centrale européenne (BCE) :

C’est « Picsou » qui remplace « Rapetou » et la prochaine fois ; « Rapetou » qui remplacera « Picsou ».

Le Nouveau Monde est identique à l’Ancien avec un nouveau vernis de convenance souvent contre nature. Pour reprendre la phrase Nigel Farage :

« Vous, et cette Commission, vous êtes aussi rassis et moisis qu’une bouteille de vin bouchonné. ».

Également, lisons la déclaration de Godfrey Bloom, député européen du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), prononcée le 21 novembre 2013, à Bruxelles :

[8] « Eh bien, monsieur le Président. Il me vient une citation du grand philosophe américain Murray Rothbard qui dit  : « l’État est une institution de voleurs ». À l’extrême. L’imposition est simplement un système dans lequel les politiciens et les bureaucrates volent l’argent de leurs citoyens, pour le dilapider de la plus honteuse des façons. Cet endroit n’est pas une exception. C’est fascinant et je me demande comment vous arrivez à garder votre sérieux en parlant d’évasion fiscale. La Commission et les bureaucrates de la Commission ne paient pas d’impôts. Vous n’êtes pas assujettis à l’impôt au même titre que les citoyens. Vous avez toutes sortes d’avantages. Taux d’imposition convertis, plafond d’impôt sur la grande fortune, retraites non imposables. Vous êtes les champions d’Europe de l’évasion fiscale et pourtant, vous êtes là, à donner des leçons. Mais bon, les gens de l’Union européenne ont compris le message. Vous allez bientôt vous rendre compte que les eurosceptiques vont se faire de plus en plus nombreux, en juin prochain. Et plus grave quand les gens se seront rendu compte de qui vous êtes, il ne leur faudra pas beaucoup de temps pour prendre cette Chambre d’assaut et vous pendre. »

C’est fort, c’est dur, mais avant tout, n’est-ce pas la vérité ?!

 


[4] Conférence François Asselineau ; « Historique de la construction européenne »

[7] La Cour de justice de la République



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