France : le moment de rgler l’addition d’une succession de mensonges

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Il s’agit, alors, pour Olivier Passet, d’établir un sorte d’état des lieux qui devrait servir à définir la place que la France occupe dans ce contexte qui est désormais le sien… Quels sont les signes de la domination allemande ?

Le point principal – dont il faut rappeler qu’il marque, selon l’analyse marxiste, le coeur même de l’exploitation capitaliste – est celui-ci :
« L’Allemagne est le pivot de la production industrielle européenne. L’industrie allemande concentre le quart de la valeur ajoutée de l’UE et 37% de celle de la zone euro. Cette part est croissante depuis 2005, même si la désindustrialisation de l’ex-RDA a pu faire illusion quelque temps. »

La force économique de l’Allemagne est donc, tout d’abord, un phénomène interne qui la rassemble autour de son élite ouvrière et d’une histoire prussienne de long terme qui l’a établie sur ce terrain d’une dynamique elle-même interne déjà systématisée à l’époque où Voltaire était l’ami (croyait-il) de Frédéric de Prusse

Mais de même que, depuis les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, elle a systématisé l’importation d’une main d’oeuvre qualifiée originaire d’Allemagne de l’Est, puis de toute une série d’autres pays, dont la Turquie par exemple – ce qui revenait à souligner le rôle essentiel qu’elle accordait à la discipline dans l’activité professionnelle et au travail bien fait -, de même l’Allemagne sait désormais mettre à contribution une production de moindre niveau qu’elle maintient dans certains pays environnants tombés sous la coupe de sa puissance productive, technologique et… monétaire. D’où cette autre constatation d’Olivier Passet :
« S’agrège autour de ce noyau dur les PECO, qui deviennent une base arrière de sous-traitance (la fameuse économie de bazar). Si l’on regarde le poids relatif de l’ensemble constitué par l’Allemagne et les PECO au sein de l’UE, il est clair que la dynamique est là, au détriment des autres grandes économies diversifiées que sont la France, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. »

Manifestement, l’Allemagne n’a pas perdu le fil de l’analyse marxiste (et donc pas non plus celui qui conduit à Adam Smith et à David Ricardo)… Elle sait pertinemment que toute valeur économique ne peut naître que du travail… Pour sa part, Olivier Passet note ceci :
« L’Allemagne cherche moins en Europe un grand marché de débouchés qu’un grand marché de facteurs bon marché, mobilisable pour asseoir et renforcer son avantage concurrentiel sur le reste du monde. »

Pour les pays – et, sur ce point, la France bat tous les records – où la sempiternelle lutte contre des partis communistes pourtant largement égarés par rapport à leurs critères d’origine est venue couvrir une haine de classe anti-ouvrière de tous les instants, l’attitude allemande – fort méconnue – est à peu près totalement incompréhensible : mais, voyons, ce sont l’intelligence, le talent, etc., qui font la richesse économique !…

Et si Olivier Passet ne partage éventuellement pas les critères de base de l’économie classique que je souligne ici, il voit bien les résultats d’une idéologie anti-ouvrière qu’on pourra qualifier de bouillie de chat à l’intention des classes moyennes :
« Tout cela condamne une partie de l’industrie européenne à des stratégies défensives, combinant plans sociaux, compression des marges, modération salariale, ou dans le meilleur des cas délocalisation dans des régions à plus faible coût. Cette attrition de la base productive est à la racine de l’appauvrissement fiscal des États et d’impasses budgétaires récurrentes. »

Détruire l’usine pour faire baisser la pression ouvrière… et pour éviter le réchauffement climatique… Organiser – avec la complicité de personnages comme un Charles de Gaulle – la percée de Sedan et ses suites (mai-juin 1940), pour en finir avec le Front Populaire…

Décidément, l’Allemagne prussienne plaît énormément à tous ses anticommunistes qui ne savent généralement rien, ni de Marx, ni d’aucun des autres… En retour, voilà ce que cela donne ces temps-ci…
« Et loin de voir dans cette déflation larvée une menace pour ses débouchés, l’Allemagne y voit une nouvelle source d’opportunités pour renforcer sa compétitivité, et attirer des ressources humaines souvent qualifiées. »

Placée sur le même questionnement que la Chine, l’Allemagne sera bientôt le recueil du peu d’intelligence vive qu’il reste en Europe… Entre Pékin et Berlin, la France aura ainsi tout perdu…

Déjà aujourd’hui, quand elle croit relever la tête, elle ne rencontre en fait que la somme de ses renoncements et du pillage de ce que ses ancêtres travailleurs lui avaient offert à force de courage et d’abnégation…
« Le rééquilibrage de la balance des paiements dans la plupart des pays de l’UE ne doit pas faire illusion. Il relève d’abord de l’attrition des demandes domestiques. »

Sans plus donner beaucoup de travail, le capital fait désormais directement les poches du peuple français qui confond son petit patrimoine familial avec les outils de production qui lui ont été enlevés à tout jamais…

C’est qu’il a maintenant en face de lui ce que Olivier Passet n’hésite pas à appeler une « Germanisation économique de l’Europe ». Quant à la schlague, c’est tout simplement « L’euro fort comme instrument de sélection ».

À défaut d’un sursaut que nul ne voit venir, il ne faut plus désormais s’attendre…
qu’au pire.

NB. Cet article est le cent-quarantième d’une série…
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici



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