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Un récent rapport publié dans la revue spécialisée Nature détaille un cas de rémission exceptionnel – mais les scientifiques restent pour l’instant prudents

D’après un rapport à découvrir dans la revue médicale Nature, un patient londonien atteint du virus du sida peut désormais se passer du traitement à base d’antirétroviraux, après 18 mois successifs de rémission complète. La cause : une greffe, effectuée dans le cadre du traitement d’un lymphome, dont les cellules-souches provenaient d’un donneur portant une mutation génétique rare, la CCR5-delta 32, empêchant le système immunitaire d’être attaqué par le VIH. Un procédé brillant qui a permis de confirmer une hypothèse sur la passation génétique entre un donneur et un receveur.

« Le patient de Berlin »

Le patient, anonyme, n’est pas le premier cas de rémission : en 2008, Timothy Brown, surnommé « le patient de Berlin », guérissait lui aussi suite à une greffe de moelle osseuse. Le virus n’est toujours pas réapparu dans son organisme depuis, d’après les dernières observations.

« En parvenant à un deuxième cas de rémission dans des conditions similaires, nous démontrons que le patient de Berlin n’est pas un cas isolé, et que c’est bien le traitement lui-même qui est parvenu à éliminer le VIH chez ces deux individus » a déclaré Ravindra Gupta, professeur à la division Infection et Immunité du prestigieux University College de Londres.

Un pas de géant… mais inopérant

Une avancée notable, mais hélas bien loin d’un traitement efficace et à grande échelle. Comme le rappelle le professeur, cela ne fait que 18 mois que le VIH semble ne plus être présent dans l’organisme du patient, ce qui n’est pas suffisant pour déterminer s’il a été totalement éradiqué. De plus, une greffe de moelle osseuse reste une opération lourde, particulièrement pour les porteurs du VIH, dont la fragilité immunitaire peut susciter des complications encore plus importantes.

Un espoir néanmoins loin d’être négligeable pour les quelques 37 millions de personnes séropositives dans le monde – un chiffre toujours impressionnant, qui doit rappeler avant tout que la prévention et le traitement des personnes infectées restent des priorités absolues pour stopper la propagation du virus. « Même s’il ne s’agit pas encore d’un traitement à grande échelle, nous venons de faire un pas de géant dans la recherche, a déclaré Anton Pozniak, président de l’International AIDS Society. Ces nouvelles recherches prouvent bien que le concept de rémission est plausible. Nous espérons que cela mène vers un traitement sûr, peu coûteux et facile à mettre en place, en s’appuyant par exemple sur la génétique ou les anticorps. »

Un enthousiasme pondéré par Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Disease à l’Institut national de la Santé américain. « D’un point de vue purement pratique, nous ne voulons pas que les gens pensent qu’il s’agit là d’une solution toute faite, à appliquer tel quel sur n’importe quel patient. Cela reste très risqué. (…) Selon moi, prendre un cachet au quotidien reste un traitement infiniment plus sain qu’une greffe de moelle osseuse. »

Source ww.rollingstone.fr

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