L’arrestation d’Assange est une mise en garde de l’histoire (Counterpunch).. – Les moutons enragés

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Pour Maduro, Julian Assange a tenté de créer «un centre d’espionnage» dans l’ambassade d’Equateur. Piètre excuse pour justifier la trahison. Le père de Julian demande à Canberra de le rapatrier en Australie, qui a répondu par la voix du premier ministre que Julian Assange ne recevrait « aucun traitement spécial » de Canberra. « J’ai 74 ans et je parais en meilleure forme que lui qui en a 47 » a t-il ajouté. (Information de 2010) « Insurance.aes256″, l’assurance-vie de Julian Assange, Gigantesque fichier informatique de 1,39 Go, « Insurance.aes256 » contiendrait des révélations explosives que WikiLeaks promet de diffuser s’il arrive quelque chose au célèbre fondateur du site. Souhaitons que ce ne soit pas une menace en l’air et que ce fichier, (s’il existe) soit révélé à tous. Partagez ! Volti

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Auteur John PILGER pour Counterpunch via Le Grand Soir qui a traduit l’article

Dessin de Nathaniel St. Clair

L’image
de Julian Assange traîné hors de l’ambassade de l’Equateur à Londres
est emblématique de notre époque. La force contre le droit. La
brutalité contre la loi. L’indécence contre le courage. Six policiers
malmenant un journaliste malade, ses yeux plissés contre sa première
lumière naturelle depuis près de sept ans.

Que ce scandale se soit produit au cœur de Londres, dans le pays de la Magna Carta, devrait faire honte et mettre en colère tous ceux qui se soucient pour les sociétés « démocratiques ». Assange est un réfugié politique protégé par le droit international, le bénéficiaire de l’asile en vertu d’un pacte strict dont la Grande-Bretagne est signataire.

L’Organisation
des Nations Unies l’a clairement indiqué dans la décision juridique de
son Groupe de travail sur les détentions arbitraires.

Mais au
diable tout ça. Laissez entrer les voyous. Dirigée par les
quasi-fascistes de l’administration Trump, en collaboration avec
l’Équatorien Lenin Moreno, un Judas latino-américain et menteur qui
cherche à camoufler l’état moribond de son régime, l’élite britannique a
abandonné son dernier mythe impérial : celui d’équité et de justice.

Imaginez
Tony Blair traîné hors de sa maison géorgienne de plusieurs millions de
livres à Connaught Square, Londres, menotté, pour être ensuite expédié à
La Haye. Selon l’exemple de Nuremberg, le « crime suprême » de Blair est
la mort d’un million d’Irakiens. Le crime d’Assange est le journalisme :
demander des comptes aux rapaces, dénoncer leurs mensonges et donner
aux gens du monde entier les moyens d’agir avec la vérité.

L’arrestation choquante d’Assange est un avertissement pour tous ceux qui, comme l’écrivait Oscar Wilde, « sèment les graines du mécontentement [sans lesquels] il n’y aurait pas de progrès vers la civilisation« .
L’avertissement est explicite à l’égard des journalistes. Ce qui est
arrivé au fondateur et rédacteur en chef de WikiLeaks peut vous arriver
dans un journal, ou à vous dans un studio de télévision, ou vous à la
radio, ou vous qui diffusez un podcast.

Le principal bourreau
médiatique d’Assange, The Guardian, collaborateur de l’État secret, a
montré sa nervosité cette semaine avec un éditorial qui a atteint de
nouveaux sommets en termes d’hypocrisie. The Guardian a exploité le
travail d’Assange et de WikiLeaks dans ce que son précédent éditeur
appelait « le plus grand scoop des 30 dernières années« . Le journal s’inspira des révélations de WikiLeaks et s’attira louanges et fortune.

Sans
verser un sou pour Julian Assange ou WikiLeaks, un livre largement
promu du Guardian donna lieu à un film hollywoodien lucratif. Les
auteurs du livre, Luke Harding et David Leigh, se retournèrent contre
leur source, le maltraitèrent et divulguèrent le mot de passe qu’Assange
avait confié au journal en toute confidentialité, conçu pour protéger
un fichier numérique contenant des câbles des ambassades des États-Unis.

Alors
qu’Assange était piégé à l’ambassade de l’Équateur, Harding se joignit à
la police à l’extérieur et se réjouit sur son blog que « Scotland Yard
aura le dernier mot ». The Guardian a depuis publié une série de
mensonges à propos d’Assange, notamment une affirmation discréditée
selon laquelle un groupe de Russes et l’homme de Trump, Paul Manafort,
avaient rendu visite à Assange à l’ambassade. Ces réunions n’ont jamais
eu lieu ; c’était faux.

Mais le ton a maintenant changé. « L’affaire Assange est une toile moralement enchevêtrée« , estime le journal. « Il (Assange) croit
en la publication de choses qui ne devraient pas être publiées… Mais
il a toujours fait la lumière sur des choses qui n’auraient jamais dû
être cachées.
 »

Ces « choses » sont la vérité sur la façon
meurtrière dont l’Amérique mène ses guerres coloniales, les mensonges du
Foreign Office britannique dans son déni des droits des personnes
vulnérables, comme les habitants des îles Chagos, la dénonciation
d’Hillary Clinton comme une partisane et bénéficiaire du jihadisme au
Moyen-Orient, la description détaillée par des ambassadeurs américains
sur la façon dont les gouvernements en Syrie et au Venezuela pourraient
être renversés, et beaucoup plus. Tout cela est disponible sur le site
de WikiLeaks.

The Gardien est nerveux, et on le comprend. La
police secrète a déjà rendu visite au journal et exigé et obtenu la
destruction rituelle d’un disque dur. Sur ce point, le journal n’en est
pas à sa première. En 1983, une commis du Foreign Office, Sarah Tisdall,
a divulgué des documents du gouvernement britannique indiquant quand
les armes nucléaires américaines de croisière arriveraient en Europe. Le
Gardien fut couvert d’éloges.

Lorsqu’un tribunal a exigé de
connaître la source, au lieu de laisser le rédacteur en chef aller en
prison sur la base d’un principe fondamental de protection des sources,
Tisdall fut trahie, poursuivie et condamnée à six mois de prison.

Si
Assange est extradé vers les Etats-Unis pour avoir publié ce que The
Guardian appelle des « choses » véridiques, qu’est-ce qui empêchera la
rédactrice en chef actuelle, Katherine Viner, de le suivre ou l’ancien
rédacteur en chef, Alan Rusbridger, ou le propagandiste prolifique Luke
Harding ?

Qu’est-ce qui empêchera les rédacteurs en chef du New
York Times et du Washington Post, qui ont également publié des bouts de
vérité provenant de WikiLeaks, et le rédacteur en chef de El Pais en
Espagne, de Der Spiegel en Allemagne et du Sydney Morning Herald en
Australie. La liste est longue.

David McCraw, avocat principal du New York Times, a écrit : « Je pense que la poursuite [d’Assange] constituerait
un très, très mauvais précédent pour les éditeurs… d’après ce que je
sais, il est en quelque sorte dans la position classique d’un éditeur et
la loi aurait beaucoup de mal à distinguer le New York Times de
WilLeaks
. »

Même si les journalistes qui ont publié les fuites
de WikiLeaks ne sont pas convoqués par un grand jury américain,
l’intimidation de Julian Assange et Chelsea Manning suffira. Le vrai
journalisme est criminalisé par des voyous, au vu et au su de tous. La
dissidence est devenue une indulgence.

En Australie, l’actuel
gouvernement pro-américain poursuit deux dénonciateurs qui ont révélé
que les espions de Canberra avaient mis sur écoute les réunions du
cabinet du nouveau gouvernement du Timor oriental dans le but de priver
ce petit pays pauvre de sa part des ressources en pétrole et en gaz de
la mer du Timor. Leur procès se déroulera en secret. Le Premier ministre
australien, Scott Morrison, est tristement célèbre pour son rôle dans
la mise en place de camps de concentration pour les réfugiés dans les
îles de Nauru et Manus, dans le Pacifique, où les enfants
s’auto-mutilent et se suicident. En 2014, Morrison a proposé des camps
de détention de masse pour 30 000 personnes.

Le vrai journalisme
est l’ennemi de ces scandales. Il y a dix ans, le ministère de la
Défense de Londres a publié un document secret qui décrivait les « principales menaces »
à l’ordre public, au nombre de trois : les terroristes, les espions
russes et les journalistes d’investigation. Ces sont ces derniers qui
étaient désignés comme la principale menace.

Le document fut dûment divulgué à WikiLeaks, qui l’a publié. « Nous n’avions pas le choix« , m’a dit Assange. « C’est
très simple. Les gens ont le droit de savoir et le droit de remettre en
question et de contester le pouvoir. C’est ça la vraie démocratie
. »

Et
si Assange et Manning et les autres dans leur sillage – s’il y en a
d’autres – étaient réduits au silence et « le droit de savoir, de
questionner et de contester » était retiré ?

Dans les années 1970,
j’ai rencontré Leni Reifenstahl, amie proche d’Adolf Hitler, dont les
films ont contribué à jeter le sort nazi sur l’Allemagne.

Elle m’a dit que le message de ses films, la propagande, ne dépendait pas « d’ordres venus d’en haut » mais de ce qu’elle appelait le « vide apathique » du public.

« Ce vide apathique s’étendait-il à la bourgeoisie libérale et éduquée ? » lui ai-je demandé.

« Bien sûr, répondit-elle, surtout
l’intelligentsia… Quand les gens ne posent plus de questions
sérieuses, ils sont soumis et malléables. Tout peut arriver.
« 

Et arriva.

Le reste, aurait-t-elle pu ajouter, c’est de l’histoire.

John Pilger

Traduction « ce n’est qu’un début, continuons… » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Url : https://www.legrandsoir.info/l-arrestation-d-assange-est-une-mise-en-garde-de-l-histoire-counterpunch.html

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APPEL à rassemblement

PARIS – Rassemblement pour Julian Assange (Acte III) Mercredi 17 avril à 18h30
l’Ambassade de Grande Bretagne
35, Rue du Faubourg Saint-Honoré
(ou à proximité en cas d’interdiction)

A l’appel de citoyens engagés

« Pas d’extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis »

Un page de ressources sur Julian Assange
https://www.legrandsoir.info/julian-assange-prisonnier-politique-depui…

Soutenu par : Le Grand Soir

Pour apporter votre soutien : assange@legrandsoir.info

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