Le bouddhisme dans l’Egypte antique et à Méroé – Des croyances révélées par d’anciennes écritures

0

Le bouddhisme a-t-il existé en Haute Égypte et dans l’empire de Méroé ? La réponse semble être oui. C’est à Memphis en Égypte que l’égyptologue et archéologue anglais W.

M. Flinders a découvert la preuve d’une présence bouddhiste.

Portrait de Sir William Matthew Flinders Petrie, 1903.

Une présence bouddhiste en Égypte

Flinders Petrie affirme que ces bouddhistes remontent à la période Perse d’Égypte (vers 525-405 av. J.-C.). Il écrit :

« Sur le côté droit, au sommet se trouve la Tibétaine mongole, en dessous la femme aryenne du Pendjab, et à la base une figure assise en attitude indienne avec le foulard sur l’épaule gauche. Ce sont les premiers vestiges d’Indiens connus sur la Méditerranée. Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune preuve matérielle de ce lien qui aurait existé, à la fois par les ambassades d’Égypte et de Syrie en Inde, et par la grande mission bouddhiste envoyée par Ashoka jusqu’en Grèce et à Cyrène. Nous semblons maintenant avoir touché la colonie indienne de Memphis, et nous pouvons espérer plus de lumière sur ce lien qui semble avoir été si important pour la pensée occidentale ».

Si la datation de Petrie est correcte, ceci place les bouddhistes en Égypte 200 ans avant que l’empereur indien Ashoka y ait envoyé des missionnaires.

Relief d’Amaravati, Andhra Pradesh (Inde), datant du 1er siècle avant notre ère. La figure au centre peut représenter Ashoka.

Ashoka était un empereur indien qui vénérait le bouddhisme. Ashoka a envoyé des édits en différentes langues à travers son empire afin d’encourager le peuple à adopter le bouddhisme comme façon de vivre.

L’inscription en pierre d’Ashoka

Ashoka a construit un temple à Sarnath, qui a été appelé la capitale du Lion d’Ashoka. Dans le bouddhisme les lions représentent les bodhisattvas, les « fils du Bouddha ». Les bodhisattvas sont des êtres ayant atteint un haut niveau de développement spirituel.

Les lions d’Ashoka à Sarnath, 1911.
Un monastère autour du stupa de Dhamek, Sarnath.

Dans La vie d’Apollonios de Tyane de Philostrate il est clairement indiqué que les gymnosophistes ont vécu en Haute Égypte et dans l’empire de Méroé. Les gymnosophistes étaient des bouddhistes. Le témoignage historique montre de façon claire qu’il y a probablement eu deux migrations de gymnosophistes bouddhistes vers l’Égypte et l’empire de Méroé.

Ashoka était un croyant bouddhiste. Zacharias P. Thundy exprime dans son ouvrage Buddha and Christ que les édits d’Ashoka (vers 274-236 av. J.-C.) indiquent que le souverain a envoyé des missionnaires en Égypte pour répandre le Dharma bouddhiste.

Le monument d’Ashoka à Junagadh contient des inscriptions d’Ashoka (quatorze des édits d’Ashoka), Rudradamanna I et Skandagupta.
Inscription bilingue (grec et araméen) par le roi Ashoka, de Kandahar

Thundy affirme qu’il existe un témoignage archéologique d’une communauté de sages Indiens ayant vécu à Memphis dès 200 av. J.-C. Nous savons que les descendants de ces missionnaires étaient toujours en Égypte plus de 200 ans plus tard car ils ont reçu la visite d’Apollonios de Tyane.

Ashoka utilisait l’ancienne écriture kharosthi pour rédiger ses édits. Les bouddhistes ont également utilisé ce système d’écriture pour rapporter leurs écritures. Ceci indique que les gymnosophistes auraient eu une longue tradition de l’emploi du kharosthi pour communiquer leurs idées. Les gymnosophistes étaient sûrement respectés par les Méroïtes et certains Méroïtes ont probablement eu connaissance des enseignements et de la littérature bouddhiste.

L’apparition des Blemmyes

Certains Méroïtes pourraient avoir joué un rôle important dans le bouddhisme en raison des Blenmmyae, un groupe proéminent dans le Soudan méroïtique qui est mentionné dans le texte Tipitaka en pali.

Le Dr. Derrett écrit que dans l’ancien texte pali « nous avons un Blemmye (un Africain) au premier plan de textes bouddhistes d’un âge très respectable. » Le texte bouddhiste où les Blemmyes sont mentionnés sont très anciens. Le Vinaya Pitaka est daté au IVème siècle av. J.-C.

Si les Blemmyes sont mentionnés dans le texte bouddhiste, nous pouvons être certains que les Méroïtes (l’ancien royaume de Koush) n’étaient pas ignorants de l’ancien alphabet kharosthi. Cela expliquerait pourquoi beaucoup des symboles méroïtiques s’accordent au kharosthi. Ils s’accordent car certains Méroïtes étaient déjà probablement lettrés en kharosthi en raison de l’influence bouddhiste dans l’empire de Méroé.

Il semble y avoir eu une seconde migration de bouddhistes dans l’empire de Méroé de nombreuses années après qu’Ashoka ait envoyé des missionnaires en Égypte. Ces migrants sont arrivés dans l’empire de Méroé après la mort de leur roi.

Les gymnosophistes ont répandu le bouddhisme dans la vallée du Nil

Philostrate d’Athènes, ayant écrit la Vie d’Apollonios de Tyane, affirme que les gymnosophistes de Méroé venaient originellement d’Inde. Le fait que les Kouchans aient dans le passé conquis l’Inde vers l’époque où l’écriture méroïtique a été introduite à la civilisation Kouchan, a conduit à l’hypothèse selon laquelle les ancêtres des gymnosophistes pourraient avoir été des philosophes kouchans (Ndr. Les Kouchans étaient des bouddhistes ayant vécu en Asie Centrale et en Inde). La preuve historique des Kouchans ayant conquis l’Inde fait des références classiques aux Indiens et aux gymnosophistes de Méroé, une source importante pour la construction de théories alternatives sur la location possible d’une langue apparentée au méroïtique.

Il existe un témoignage externe soutenant la théorie de l’auteur selon laquelle les gymnosophistes ont répandu le bouddhisme dans la vallée du Nil, et les Méroïtes ont adopté le kharoshthi comme modèle de l’écriture méroïtique. Une théorie explique ce phénomène observé et a un pouvoir prédictif. L’auteur a théorisé cela en raison des affirmations de certains écrivains classiques selon lesquelles certains des Méroïtes seraient venus d’Inde. Selon la Vie d’Apollonios de Tyane de Philostrate d’Athènes, les Méroïtes indiens étaient d’abord conduits par un roi du Gange qui a « repoussé les Scythes ayant envahi cette terre d’Inde depuis le Caucase ».

La présence de cette tradition d’un roi indien des Méroïtes-Indiens ayant vaincu les Scythes laisse à penser que la littérature doit avoir enregistrée cet épisode historique. Cette prédiction est soutenue par un texte Jaïn appelé le Kalakeharya-Kathanaka. Ce texte rapporte que lorsque les Scythes ont envahi le Malwa, le roi de Malwa nommé Vikramaditya a vaincu les Scythes. Le roi Vikramaditya pourrait être le roi du Gange mentionné dans la Vie d’Apollonios de Tyane. La confirmation de l’histoire du Gange soutient le témoignage de la littérature classique qu’il se trouvait des Méroïtes-Indiens ayant pu avoir introduit la langue commerciale tokharienne aux Méroïtes.

Plaque en bois avec inscriptions en langue Tocharian. Kucha, Chine, 5ème-8ème siècle.

En plus de la mention classique des Indiens s’établissant en Méroé et l’édit d’Ashoka envoyant des missionnaires en Égypte, nous avons aussi une quantité de pièces kouchanes ayant été retrouvées sur le sol d’une grotte dans l’actuel monastère de Debra Demo en Éthiopie moderne en 1940.

A Meroë, les pyramides des dirigeants koushites.

S’il y avait des communautés gymnosophistes en Haute Égypte et dans le Soudan méroïtique, il devrait y avoir le témoignage de l’influence bouddhiste dans la région.

Le dieu à tête de lion méroïtique

Un important témoignage du Bouddhisme dans l’ancien Méroé ou Koush se trouve dans la forme de l’iconographie méroïtique et l’écriture méroïtique.

Une grande partie de l’influence bouddhiste entoure le dieu méroïtique Apedemak. Apedemak était le dieu lion des Méroïtes, vénéré par nombre d’entre eux.

Le dieu à tête de lion Apedemak. Le nom du roi Tantamani en écriture méroïtique est écrit au dos. Vers 100 avant JC, en Grès.

Des temples méroïtiques dédiés à Apedemak ont été trouvés en Méroé, à Musawwarat es-Sufra et à Naqa. On peut voir au temple de Naqa un certain nombre d’exemples de l’influence bouddhiste. Apedemak est ici représenté comme un dieu léonin à quatre bras et comme un serpent sortant d’un lotus avec une tête de lion.

Apedemak représenté comme un dieu léonin à trois têtes et quatre bras.
Apedemak représenté comme un serpent sortant d’un lotus avec une tête de lion.

En Inde, les gymnosophistes utilisaient le tokharien et l’écriture kharosthi pour leurs écrits. Ceci indique bien que le tokharien et le kharosthi étaient des moyens de communication importants pour la population méroïte. Le tokharien était ainsi une langue majeure dans le Soudan méroïtique.

La langue tokharienne était écrite en écriture kharosthi. Cette écriture a été utilisée pour écrire le texte bouddhiste Gandhararan. Selon Glass, l’écriture Kharosthi s’est pleinement développée dans les inscriptions d’Ashoka de Shahbazgarhi et Mansehra. Ces inscriptions remontent au troisième siècle av. J.-C. Elle a continué à être utilisée dans le Gandhara, dans le Koush et en Sogdiane.

Glass fournit la preuve que l’écriture kharosthi remonte aux premières inscriptions Brahmi d’Inde. Le fait que l’écriture a été utilisée en Inde par Ashoka pour produire les édits de pierre démontre que le kharosthi était en usage bien avant l’introduction de l’écriture méroïtique dans le Koush.

L’écriture méroïtique ressemble beaucoup aux signes kharosthi. Certains chercheurs avancent que les Méroïtes n’ont pas adopté le système d’écriture du peuple Kouchan/Tokharien qui était le kharosthi. Bien que cela soit leur opinion, une comparaison du méroïtique et des symboles kharosthi indique clairement que les deux systèmes d’écriture partagent de nombreux symboles apparentés.

Aubin a fait une comparaison du méroïtique et du kharosthi et a découvert que 34 signes sur 42, ou 81 %, correspondaient.

Aubin (2003) Comparaison des signes méroïtiques et de Kharosthi

Le tokharien étant écrit en kharosthi, la connaissance entre le kharosthi et le méroïtique est intéressante et montre une certaine connexion entre ces écritures. Elle offre également un support additionnel à l’origine tokharienne de l’écriture méroïtique étant donné l’analogie entre les signes.

N’oublions pas que Welsby dans The Kingdom of Kush note que « seules quatre des lettres méroïtiques ressemblent aux signes équivalents en égyptien démotique ». Mais comme dit précédemment, il y a plus que quatre signes kharosthi correspondant au méroïtique, et encore plus de ces signes correspondent au kharosthi.

Extérieur du temple montrant Apedemak comme un serpent sortant d’un lotus avec une tête de lion. (Domaine public)

L’histoire d’une langue

Il y avait de plus d’autres Indiens en Égypte en plus des communautés bouddhistes/gymnosophistes en Haute Égypte et en Koush/Méroé. Par exemple il se trouvait à Quseir al-Qadim une grande communauté indienne. Ces Indiens étaient en Égypte écrivant des messages dans leur propre langue vers l’époque où nous voyons un passage des hiéroglyphes égyptiens au système d’écriture méroïtique. Tout cela est soutenu par les traditions classiques des Méroïtes qui parlent de Kouchans/Indiens parmi les Méroïtes.

Le témoignage des références classiques à un roi indien-méroïte qui a vaincu les Scythes est soutenu par la littérature indienne, fournissant une corroboration externe de la tradition selon laquelle certains des Méroïtes étaient d’origine indienne.

La présence de commerçants et de colons indiens en Méroé (et en Égypte) rend presque impossible de nier la possibilité que les Indiens, familiers de la langue commerciale tokharienne, n’aient pas introduit cette écriture aux Méroïtes qui avait besoin d’une langue neutre pour unifier les divers groupes ethniques qui composaient l’État de Méroé. En relation à l’histoire du changement linguistique et du bilinguisme, il est faux de penser que l’échange linguistique aurait nécessité que les Méroïtes utilisent le tokharien, qui n’a pas eu lieu lorsque les Méroïtes écrivaient en hiéroglyphes égyptiens.

Il est clair que le bouddhisme a été pratiqué dans l’empire méroïtique ou Koush. Cela est soutenu par 1) La présence des Kouchans en Afrique et en Asie ; 2) Ashoka a envoyé de nombreux missionnaires bouddhistes en Égypte qui ont inscrit leurs écritures en kharosthi et en tokharien 3) Un blemmye – natif de l’empire méroïtique est mentionné dans plusieurs textes bouddhiste Pali 4) La présence de sages kushans qui pourraient avoir migré en Méroé 5) La présence d’une colonie bouddhiste à Memphis en Égypte 6) L’iconographie bouddhiste du temple de Apedemek à Naqa, et 7) Des références classiques aux bouddhistes en Égypte et dans l’empire méroïtique prouvant que le bouddhisme était pratiqué en Égypte et en Koush.

Le témoignage historique indique clairement que les Méroïtes n’étaient probablement pas étrangers à la littérature kharosthi étant donné que les gymnosophistes ont été en Haute Égypte et dans l’empire méroïtique des centaines d’années avant que les Méroïtes n’inventent l’écriture méroïtique.

Source : Ancient Origins

Traduction : © Le Savoir Perdu Des Anciens

Source link

Leave A Reply

Your email address will not be published.