Le néo-champion d’Angleterre Sterling veut mettre le racisme hors-jeu

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Par Georges Dominique. Quand il n’enchaîne pas les buts, le néo-champion d’Angleterre tente de mettre le racisme hors-jeu

« Il vaut rien ! Laisse-le ! » s’empresse de dire ton coéquipier qui sous-estime mieux l’adversaire qu’il ne défend. Puis, le fameux vaurien vient, te dribble méchamment avant d’envoyer le ballon au-dessus des cages…vides. Oui, ton coéquipier avait donc vu juste : il vaut rien ! Pendant longtemps, le maladroit Raheem Sterling a lui aussi donné raison à ses détracteurs avant devenir un joueur décisif et qui lutte aussi contre le racisme.

A dream come true

L’histoire du néo-champion d’Angleterre ressemble à celle de certains autres footballeurs noirs (Romelu Lukaku, Yaya Touré, etc.), à qui la vie a fait peu de cadeaux hormis des qualités de footballeur. Orphelin de père, assassiné en Jamaïque, son pays d’origine, le natif de Kingston débarque en Angleterre enfant.

« Je n’ai jamais vraiment aimé écouter (les autres : NDLR), à part ma mère », raconte-t-il dans une interview accordée à The Players Tribune. Mais quand les recruteurs de Liverpool frappent à sa porte, Raheem le têtu écoute.

Liverpool, le tournant

« Le vrai tournant est arrivé quand j’avais 15 ans. Liverpool me voulait mais c’était à trois heures de chez moi (…) J’aime tous mes amis de mon quartier. Ce sont toujours mes meilleurs amis au monde. Mais à cette époque, il y avait beaucoup de crimes et d’agressions au couteau, et j’avais l’impression que Liverpool était une chance pour moi de partir et de me concentrer sur le football », raconte-t-il toujours dans cette même interview.

À Liverpool, le jeune homme de 25 ans affiche talent et maladresse durant plusieurs saisons avant de rejoindre son club actuel : Manchester City, en juillet 2015. Contre un montant record à l’époque : 70 millions d’euros !

The hated one!

« Sterling a signé pour l’argent et non pour le projet sportif ! » prétendent certains. Chez les Citizens, sa période d’adaptation et son égoïsme devant le but donnent du grain à moudre aux tabloïds qui l’ont pris pour cible depuis longtemps.

Twitter a la mémoire longue

Un twittos a d’ailleurs réalisé un thread pour répertorier ces attaques dont il a été victime. Parmi celles-ci, il y a, entre autres : l’augmentation qu’il aurait demandée à Liverpool après une saison pleine, la maison qu’il a achetée pour sa mère (oui, oui…), mais aussi le fait qu’il prenne Easy Jet alors qu’il gagnerait 200 000 livres par semaine, sa Mercedes, le bling-bling de sa maison « qui serait une injure aux fans », ou encore ce fusil d’assaut tatoué sur son mollet droit en hommage à son père assassiné. En somme, de nombreuses sont les raisons pour critiquer Raheem l’homme plutôt que de se concentrer sur Sterling le joueur.

La défiance est telle qu’il se fait appeler : « The Hated One ». On est loin, très loin, de celui de Lebron James : « The Chosen One ». Et pourtant, à l’instar du dénommé « meilleur basketteur de tous les temps », Sterling, qui est désormais plus lucide devant les filets adverses, est more than an athlete.

Sterling veut mettre le racisme hors-jeu

Le joueur véloce est régulièrement pris à partie. Insultes racistes lors d’un déplacement à Chelsea (08 décembre 2018), cris de singe lors d’une rencontre internationale au Monténégro (25 mars 2019), les épisodes haineux ne manquent pas. Alors, le joueur prend la parole.

Un édito dans le Times

Le 23 avril dernier, il publie dans le Times un édito intitulé: «Je ne veux pas que la prochaine génération souffre comme moi ».

« Je trouve ça fou qu’en 2019, je ressente le besoin d’écrire un éditorial dans un journal pour appeler à des changements radicaux sur ce sport que j’aime », écrit-il. Oui, c’est fou qu’en 2019, le racisme soit encore présent dans les stades…

Des sanctions radicales

Pour mettre le racisme hors-jeu, le joueur, qui a inscrit 17 buts cette saison, propose notamment un retrait de neuf points en championnat et trois matches à huit clos en cas d’insultes racistes.

Celui qui s’est dit « fier d’être noir », avant la double confrontation perdue face à Tottenham, est devenu aussi un autre joueur : incisif face caméra et décisif sur le terrain. Pour la petite histoire, son changement de régime alimentaire et l’installation de mannequins dans son jardin, pour travailler ses coups-francs, seraient à l’origine de sa superbe saison 2018/2019…

« Jeune joueur de l’année » par l’association des footballeurs professionnels puis « meilleur joueur de la saison » par l’association des journalistes et correspondants de football anglais. Mais aussi récompensé de l’Integrity and Impact Award pour son combat contre le racisme. Il semblerait que la livre Sterling est en hausse !

La rumeur raconte même que les défenseurs de Premier League ne diraient plus en le voyant : « Laisse-le ! Il vaut rien ! »

Source www.nofi.fr

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