Lettre Ouverte à François Ruffin – Les moutons enragés

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François,

Ce matin, je me divertissais en écoutant France Inter, comme de temps en temps lors d’un petit déjeuner tardif. Et là, pour une fois, un invité un peu plus intéressant que d’habitude fut annoncé : toi, François Ruffin. Je suis donc resté quelque temps devant le poste, pour écouter un petit peu quelque chose de différent qu’à l’habitude (même si mes idées sont probablement bien plus radicales que les tiennes, mais disons que je te respecte bien plus que la plupart de ceux qui sont invités en général).

Puis, alors que le petit ronron des question-réponses -qui berçait tranquillement mon cerveau d’être désespéré- se déroulait, arrive LA question, celle dont le genre est devenu la spécialité des chiens de garde que sont ces présentateurs pseudo journalistes à la botte de la pensée prémâchée : Léa Salamé: « un mot pour terminer sur Etienne Chouard, François Ruffin, vous lui avez rendu hommage. (…) Sur Le Média, Denis Robert lui demande s’il doute de l’existence des chambres à gaz et voila ce qu’il répond : vous voulez que je dise quoi ? Que les chambres à gaz ont existé, que je le dise de façon tranchée et non ambiguë ? Je peux le dire si ça vous fait plaisir mais je n’ai rien lu là dessus. Est-ce que c’est du négationnisme ? » Ce à quoi tu réponds, François: « en tout cas c’est de la pure connerie (…) j’ai déjà dit que j’avais fait une erreur (…) d’avoir rendu hommage à Etienne Chouard ».

Je tombe de haut, François. Quel est le sens, de citer il y a quelques mois les propos d’Etienne, indiquant que tu sembles les comprendre et y adhérer, pour aujourd’hui tomber dans le jeu, dans le vilain jeu-piège sur lequel on veut nous amener pour laver notre cerveau, faire diversion et éviter tout débat ? Je n’avais connaissance de l’interview que cite Léa Salamé, mais de ce que j’en entends, elle relève clairement du même jeu merdique qu’elle-même a utilisé ce matin contre toi : emmener la personne sur le terrain des discours nazis, antisémites (et blablabla), terrain qui est utilisé pour la discréditer (et ne pas parler du fond de la discussion, comme le dit très bien Etienne), alors même qu’il n’a jamais été question de ce genre de propos dans le discours d’Etienne Chouard. Tu devrais le savoir François. Si tu ne le sais pas, tu es bien naïf. Si tu n’es pas naïf, alors tu es un traître.
Bien sûr que tu as le droit de revenir sur ton hommage, mais fais le pour des bonnes raisons, par exemple un différent vis à vis d’une idée qui appartient réellement à l’intéressé, pas une idée (fake) qu’on lui prête.

Certaines personnes comptaient sur toi, dans le sens où tu pouvais contribuer à faire avancer le débat et éventuellement faire des ponts (comme il le semblait en citant les propos d’Etienne), mais là non, définitivement, tu as baissé dans mon estime. J’espère que nombreux sont celles et ceux qui auront vu clair dans tes propos.

Un certain Chouard disait que le pouvoir corrompt, même les êtres vertueux. Si tu l’as peut-être été en arrivant, je crois que tu es foutu. Décidément, il n’y a rien à espérer à travers l’institution.

DTC (un humain, parmi d’autres), le 12 juin 2019

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