« Pour elle », lettre à la femme Noire

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Pour célébrer le mois de la femme, Nofi vous propose la retranscription de ce magnifique article issu du blog wakongo. 

« Pour elle », lettre à la femme Noire

Chères sœurs,

Je vous écris en ce jour pour vous faire part du sentiment que j’ai à votre égard. Je l’écris pour montrer à la face du monde, ou du moins à celle d’Internet , à quel point votre soutien , votre présence sont des atouts majeurs.

Je remercie, en tout premier lieu, celles qui m’ont aidé par le temps qu’elles m’ont accordés et des pistes que j’ai suivies grâce à leurs témoignages et conseils. Je remercie également celles qui par leurs actions et leurs combats sont devenues de véritables sources d’inspiration.

Dans son ouvrage, L’Unité culturelle de l’Afrique noire, Cheikh Anta Diop nous explique que « La femme » qui avait rôle central dans les sociétés africaines, jouissait d’un rôle économique et social très important comme il l’avait écrit :

« […] la femme doit son rang social et sa considération exclusivement à la structure de la société qui lui permet de jouer un rôle économiquement prépondérant ».

Cette réalité traditionnelle perdure, malgré l’agrégat des autres civilisations, dans les familles africaines. Au Congo, là où se trouvent mes racines, l’héritage et les coutumes d’un enfant lui vient de sa mère, c’est pour cette raison que nos sœurs ont cette place si particulière. Au delà, de ce rôle que l’on nommera traditionnel, je veux aussi mettre en lumière le courage et la force dont font preuves nos « mamans » ou nos « tantines » dans la vie quotidienne. Combien ai-je croisé de femmes qui sont à la fois commerçante, auto-entrepreneures et en même temps mère de famille et en charge de l’avenir des siens. Nous pouvons ainsi dire que le nombre de leurs casquettes ne dépend que de leur volonté de réussir et de d’écrire par elles-même leurs destins. Toujours dans son ouvrage, Cheikh Anta Diop nous explique que les efforts réalisés par une mère sont perçus dans la vision africaine comme un ingrédient nécessaire pour la réussite matérielle, spirituelle et financière de ses enfants :

« Toute la société africaine noire est convaincue de l’idée que le sort de l’enfant dépend uniquement de sa mère et en particulier du labeur de celle-ci aura fourni. »

En paraphrasant Cabrel, nos mères auront affrontés toutes les guerres pour nous rendre si fort aujourd’hui. Ce sont avec ces mots que je célèbre celles qui nous ont élevé ainsi que mes sœurs qui ont eu cette immense joie et privilège d’apporter la vie et je veux qu’elles sachent qu’elles seront toujours honorées à la hauteur de leurs valeurs et leurs courages.

« Ce n’est pas le courage qui permet de gagner une bataille mais la persévérance. » [1]

Cette citation de la lauréate kényane du prix de Nobel de l’année 2004 illustre pour moi un état d’esprit que j’ai pu constater auprès des femmes que j’ai pu côtoyer, qui face aux aléas notre existence, ont su faire preuve d’une grande persévérance pour mener leurs desseins. L’auteure nigériane Chimanda Ngozi Adiche à travers son livre, We Should all be feminist ou « Nous devrions tous être féministes » dans la langue de Césaire, m’a montré des différents défis auxquelles les femmes (et en particulier les femmes noires) doivent relever . Bien entendu nous avons le poids des traditions et des préjugés qui souvent contrarient les aspirations, les rêves voire les ambitions d’une femme. Je ne vais pas vous mentir la question « féministe » n’est pas l’un de mes sujets de prédilections et je ne pensais, honnêtement, pas que We Should all be feminist allait autant me concerner ; néanmoins la force du message entre en résonance avec les témoignages que j’ai pu recueillir pour vous écrire cette lettre ou encore lors de discussions que j’ai pu avoir.

Justement, lors d’une discussion une amie m’a lancé ceci : « Les femmes sont élevées pour être en insécurité et ne pas avoir confiance en elles », je fus très surpris d’autant plus que la personne qui me l’a dit est d’une personnalité flamboyante. La surprise étant passée, je comprends ce qu’elle a voulu dire au détour de plusieurs exemples. Je me souviens des paroles de celles qui me disaient qu’elles ont subi des moqueries ou des remarques sur la texture de leurs cheveux ou la teinte de leurs carnations. Ces remarques qui peuvent saper la confiance et l’assurance que l’on peut avoir en soi et brider nos ambitions et nos aspirations en provoquant chez certaines une autocensure. Or, ces trois dernières années j’ai rencontré des femmes qui m’ont montré qu’avec de la persévérance, du courage et surtout une détermination sans nul autre pareil, elles pouvaient faire tomber les barrières. Entre celles qui mènent une carrière plus que prometteuse, celles qui portent des projets ou encore celles qui dédient leurs temps pour apporter aux autres, j’ai été témoins des actes de ces femmes qui nous montrent la voie.

« Nous ne devons pas nous poser de limites »

Cette phrase a été prononcée par trois jeunes femmes en qui je porte une immense estime tant en raison de leurs parcours , leurs fougue et la passion qu’elles dégagent. Et elles ont raison ; au-delà des conventions, des railleries et des obstacles qui s’érigent, il ne faut surtout ne pas s’imposer de limite, se dire : « Ceci n’est pas fait pour moi », mais vous devez croire en vous afin de dépasser vos limites à l’image de ces Dames qui ont brisées les codes et ont marquées leurs temps comme Kimpa Vita ou Anne Nzinga qui à l’image des Amazones ont lutés pour la libération de leurs peuple, Khoudia Diop qui part sa beauté a su renverser les codes du monde du mannequinat ou enfin Shonda Rhimes qui est littéralement appelé  « The Queen of Television » aux Etats-Unis a su par son parcours devenir une actrice majeure de la production. Le point commun de ces femmes n’est pas leurs renommées mais bien le fait qu’elles aient toujours cru en leurs idéaux et qu’elles soient, grâce à cela, sorties de leurs conditions et allées plus haut, plus loin. C’est ce potentiel que je vois, chères sœurs, en chacune de vous.

Je pense à ces femmes qui nous inspirent par leurs projets et leurs visions du monde, j’écris pour elles

Je pense à celles qui par le dévouement et leurs passions méritent la lumière, j’écris pour elles

Je pense surtout à mes petites sœurs qui sont en train d’écrire leurs avenirs et prendre la plume de leur destin, j’écris pour elles

Veuillez, chères sœurs, agréer mes sentiments les plus sincères et sachez que l’avenir se tient dans la paume vos mains.

WaKongo

Notes et références :

[1] « Celle qui plante des arbres« , Wangari Maathai, 2008.

Source www.nofi.fr

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