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Le cap des 20 ans passé en 2017, le groupe soul Malted Milk n’en a pas moins le cœur léger. À l’occasion de la sortie prochain du disque Love, Tears & Guns – qui annonce bien la couleur – nous avons discuté avec le frontman Arnaud Fradin

En France, la soul (la vraie) se terre encore timidement dans le paysage musical actuel – peut-être parce que ce n’est pas son pays d’origine – mais pourtant, quelques formations dévouées parviennent à lui apporter toute la splendeur qu’elle mérite. Malted Milk, groupe composé de sept musiciens (!) acharnés et amoureux du genre, a composé ce nouvel album, Love, Tears & Guns (dans nos bacs le 24 mai chez Mojo Hand Records) avec toute la passion américaine… sans oublier l’essence même de la musique : parler, chanter, jouer autour de thèmes qui nous touchent tous.

Comment s’est passée la production de ce nouvel album ?

Arnaud Fradin : On a pensé dès le départ que bosser sur des maquettes simples serait idéal, à vrai dire on avait déjà fait du travail préliminaire assez probant. On a fait de la pré-prod chez moi, dans mon sous-sol. Ce qui était cool, cette fois-ci, c’était qu’on s’éloignait un peu de cette approche « studio », on pouvait prendre du recul d’une session à l’autre. Parfois, on faisait des pauses de dix jours entre deux morceaux !

Ça a apporté plus de spontanéité ?

A.F : On voulait capter un truc assez unique, qui ne se fait pas quand on a des contraintes à droite à gauche. On s’est bien pris la tête dans un petit lieu, c’était excitant. Aujourd’hui, il n’y plus trop de règle, beaucoup de musiciens produisent des disques hybrides, faits mains. Il n’y a plus de façon de faire, tout est bon (ou presque !)

« En musique, comme dans l’art en général, il y a ce pouvoir de dire les choses, c’est un privilège. »

Comme d’habitude, un disque de soul est forcément baigné dans un ensemble de thèmes bien particuliers…

A.F : C’est un disque truffé de références, certes, mais il nous ressemble aussi très profondément. On a voulu traiter les nombreux thèmes habituels de la soul musique, même si le groupe n’est pas américain ! Ça parle d’abord pas mal d’amour, de souffrance aussi. Le premier titre, « Some Tears You Need To Shed » parle de quelqu’un qui arrive à se sentir mieux en lâchant prise, en pleurant. 

Aujourd’hui, on fait parti d’une génération où on a quasiment tous eu des enfants. Sur un titre comme « Children of the World », j’essaie de raconter à ma manière comment on doit expliquer à ces petits êtres des choses qui ne les concernent pas au premier abord. Des problématiques qui façonnent notre société d’aujourd’hui. La véritable question est : doit-on les préserver ou leur dire toute la vérité, au risque de les effrayer ? Et puis il y a ce titre plus engagé, « Money », qui comme son nom l’indique parle de l’argent et sa spirale infernale, la consommation. Tout ceci nous a quand même pas mal bousculé, on est tous sortis de cette zone de confort pour enregistrer ce disque.

La soul est un genre né pour l’engagement ?

A.F : C’est comme le hip hop : y’a de l’histoire, un background… quelque chose qui est revendiqué. Mais on a voulu rester dans quelque chose de lumineux, on ne voulait pas se plaindre pour autant. On dénonce sans prétention, ce n’est pas un groupe politisé. En musique, comme dans l’art en général, il y a ce pouvoir de dire les choses, c’est un grand privilège.

Au cours de l’album, avec l’orgue notamment, puis les violons, il semble y avoir un choc entre des productions actuelles et une ambiance 70’s…

A.F : Tout à fait. En composant, je me suis rendu compte à quel point certaines instrus des années 70 étaient très modernes. On y arrive que très peu aujourd’hui. Dans ce disque, on a ressuscité ce côté vintage sans pour autant paraître lo-fi – même si on aime beaucoup ce segment aussi. L’envie, c’était que ça soit le plus organique possible. Comme à l’époque, mais avec un fond, évidemment, plus actuel. 

Justement, la pochette du disque est assez significative du fil rouge qui le traverse.

A.F : Au début, quand on nous a proposé l’artwork de Nakissa Ashtiani, je suis resté un peu interloqué. Y’a la coté violent de la société qui ressort avec le flingue, et puis le cœur qui apparait dessus, comme un éclat. Deux pôles de notre société qui s’opposent. Mais l’amour doit perdurer. Je pense que les artistes d’aujourd’hui sont conscients de ce qu’il se passe et qu’on le traduit de la façon qu’on veut ; la musique sert avant tout à ça. Mettre des mots et des notes sur l’actualité. Et puis faire vivre tout ça sur scène !

Pochette du disque

Love, Tears & Guns, disponible dans les bacs le 24 mai chez Hojo Hand Records. Malted Milk sera en concert le 12 juin prochain au New Morning et cet été en festivals.

Source ww.rollingstone.fr

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